Mobilité et handicap : les handispensables

Retour à domicile après une hospitalisation : la check-list

Un retour à domicile après une hospitalisation se prépare avant la sortie de l’hôpital, pas le jour même : contacter l’assistant social hospitalier, activer les aides existantes (Prado, ADH, APA en urgence si besoin) et vérifier que le logement est prêt à accueillir le senior en toute sécurité. Cette check-list détaille les démarches, les aides financières et les équipements à anticiper, pour le senior comme pour ses proches.

 

En bref

Un retour à domicile réussi après une hospitalisation se joue avant la sortie : contact avec l’assistant social hospitalier, activation des aides adaptées et vérification des équipements du logement, pour réduire le risque de chute et de nouvelle hospitalisation dans les semaines qui suivent le retour.

  • Démarches : contacter l’assistant social hospitalier avant la sortie, activer Prado, le service de retour à domicile de l’Assurance Maladie, proposé aux personnes de 75 ans ou plus après évaluation par l’équipe hospitalière (il n’est pas encore proposé dans tous les établissements).
  • Aides financières : l’ADH (Accompagnement à domicile après hospitalisation, anciennement ARDH) peut financer des services (ménage, repas, petits aménagements) pendant trois mois maximum, sous conditions de ressources [plafond à confirmer sur les barèmes 2026 en vigueur] ; l’APA en urgence verse une avance provisoire de 1 040,17 € (2026), pour une durée maximale de deux mois, dans l’attente du plan d’aide.
  • Équipements : matériel médical sur prescription (lit médicalisé, déambulateur), sécurisation de la salle de bain (barres d’appui, siège de douche, receveur antidérapant).
  • Aide humaine : service autonomie à domicile (SAD) ou SSIAD selon l’offre locale, infirmiers libéraux, portage de repas, téléassistance, selon les besoins.

Mis à jour le 17 septembre 2026

 

Avant la sortie : les démarches à engager depuis l’hôpital

Le retour à domicile se prépare pendant l’hospitalisation, pas après. Deux réflexes à avoir dès les premiers jours du séjour :

Contacter l’assistant social de l’établissement. C’est l’interlocuteur central : il évalue les besoins (aide humaine, matériel, adaptation du logement) et oriente vers les bons dispositifs. Plus le contact est pris tôt, plus les aides ont le temps d’être mises en place avant la sortie effective.

Vérifier l’éligibilité à Prado. Prado, le service de retour à domicile de l’Assurance Maladie, est un service gratuit ouvert aux personnes de 75 ans ou plus, après évaluation par l’équipe hospitalière. Un conseiller de l’Assurance Maladie prend contact avant la fin de l’hospitalisation pour organiser la coordination des soins et des aides après la sortie. Ce n’est pas une aide financière mais un accompagnement : il ne remplace pas les démarches ADH ou APA, il les facilite. Prado n’est pas encore proposé dans tous les établissements : mieux vaut le demander directement à l’équipe soignante plutôt que d’attendre une prise de contact spontanée.

À défaut de Prado (âge non éligible, dispositif non déployé dans l’établissement, ou parcours de soins différent), les mêmes démarches peuvent être engagées directement auprès de la caisse de retraite ou du département, mais avec un délai généralement plus long : mieux vaut anticiper dès l’hospitalisation.

 

Les aides financières pour un retour à domicile plus serein

Trois dispositifs répondent spécifiquement à la période qui suit une hospitalisation. Ils ne se cumulent pas tous entre eux : le point le plus souvent mal compris concerne l’ADH.

L’ADH (Accompagnement à domicile après hospitalisation, anciennement ARDH), versée par les caisses de retraite (régime général), finance des services à la personne (ménage, repas, portage de repas, téléalarme, et parfois de petits aménagements du logement) pendant 3 mois maximum. C’est une aide temporaire, sous conditions de ressources du demandeur et de son conjoint (plafond de prise en charge à confirmer sur les barèmes 2026 en vigueur). Point de vigilance : l’ADH ne peut pas se cumuler avec l’APA, la PCH, l’ACTP ou la majoration pour tierce personne (MTP) – elle s’adresse aux retraités qui n’en bénéficient pas encore.

L’APA en urgence, pour les personnes déjà en perte d’autonomie évaluée ou en situation d’urgence médicale ou sociale, permet de percevoir une avance provisoire de 1 040,17 € (2026), versée pour une durée maximale de deux mois dans l’attente du plan d’aide, puis régularisée une fois le dossier complet d’Allocation Personnalisée d’Autonomie instruit par le département. Un remboursement peut être demandé si l’APA est finalement refusée. Elle s’adresse aux situations où l’attente du circuit normal ferait courir un risque au senior.

Les aides des caisses de retraite complémentaires (GIR 5-6, hors APA) peuvent également financer des heures d’aide à domicile ou une participation aux petits travaux d’adaptation, selon les régimes. Se renseigner directement auprès de la caisse du senior.

Pour les travaux d’adaptation plus lourds du logement (douche sécurisée, monte-escalier), qui dépassent le champ de l’ADH, MaPrimeAdapt’ est le dispositif de référence : nous détaillons son fonctionnement dans notre guide des aides financières pour l’aménagement du logement.

 

Les équipements à prévoir avant le retour

Deux catégories d’équipements se distinguent, avec des logiques de prise en charge différentes.

Le matériel médical, prescrit par le médecin hospitalier (lit médicalisé, déambulateur, fauteuil de transfert, matelas anti-escarres), peut être pris en charge par l’Assurance Maladie lorsqu’il figure sur la liste des produits et prestations remboursables (LPP) et que les conditions de prise en charge sont remplies, la complémentaire santé pouvant compléter tout ou partie du reste à charge.

La sécurisation de la salle de bain et des zones à risque relève d’une autre logique : c’est souvent l’angle mort des retours d’hospitalisation, alors que la salle de bain fait partie des pièces à examiner en priorité lorsque la mobilité est réduite. Avant un retour à domicile, il est utile de vérifier :

  • Barres d’appui aux points d’appui critiques (douche, WC, entrée/sortie de baignoire).
  • Siège ou tabouret de douche, pour limiter la station debout prolongée.
  • Receveur de douche antidérapant, en particulier si le senior sort d’une hospitalisation liée à une chute.
  • Rehausseur de WC, pour réduire l’effort de l’assise et du relevé.
  • Barres et rampes dans les couloirs et escaliers si le trajet chambre-salle de bain les traverse.

Pour un premier état des lieux, notre article sécuriser sa salle de bain avant l’hiver détaille les cinq points à vérifier en priorité.

 

Organiser l’aide humaine autour du senior

Au-delà du matériel, plusieurs professionnels peuvent intervenir à domicile selon les besoins évalués par l’assistant social ou le médecin traitant :

  • Service autonomie à domicile (SAD) ou SSIAD selon l’offre locale, pour les soins réguliers. Les SSIAD, SAAD et SPASAD se transforment progressivement en services autonomie à domicile (SAD) ; certains SSIAD existent encore localement selon les territoires.
  • Infirmiers libéraux pour les soins ponctuels (pansements, injections).
  • Portage de repas, souvent inclus dans le périmètre de l’ADH.
  • Téléassistance, pour rassurer le senior et ses proches en cas de nouvelle chute ou de malaise.
  • Auxiliaire de vie, pour l’aide aux gestes du quotidien (toilette, habillage, courses).

Nos conseils pour accompagner un proche à ce moment charnière sont détaillés dans aider une personne âgée à prendre sa douche et dans accueillir un proche en perte d’autonomie.

 

Tableau comparatif des aides ponctuelles

Les trois dispositifs présentés plus haut ne s’adressent pas exactement aux mêmes situations : ce tableau les compare d’un coup d’œil.

Comparatif des aides ponctuelles après hospitalisation
Dispositif Organisme Public Durée Montant / plafond
Prado Assurance Maladie 75 ans ou plus, sortie d’hospitalisation, après évaluation de l’équipe hospitalière Le temps de la coordination du retour Service gratuit (pas une aide financière directe)
ADH (anciennement ARDH) Caisse de retraite (régime général) Retraités non bénéficiaires de l’APA, la PCH, l’ACTP ou la MTP 3 mois maximum Aide temporaire, sous conditions de ressources (plafond à confirmer sur les barèmes 2026 en vigueur)
APA en urgence Département Personnes déjà évaluées en perte d’autonomie ou en situation d’urgence Avance provisoire de deux mois maximum, puis régularisation Avance provisoire de 1 040,17 € (2026)

 

 

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Sources

 

Questions fréquentes

Qui contacter avant la sortie d’hôpital pour organiser le retour à domicile d’un senior ?

L’assistant social de l’établissement hospitalier est le premier interlocuteur : il évalue les besoins et oriente vers les bons dispositifs (Prado, ADH, APA). Le contacter dès les premiers jours d’hospitalisation, pas la veille de la sortie.

 

Qu’est-ce que le dispositif Prado ?

Prado est le service de retour à domicile de l’Assurance Maladie, gratuit, proposé aux personnes de 75 ans ou plus après évaluation par l’équipe hospitalière. Il n’est pas encore proposé dans tous les établissements. Un conseiller prend contact avant la sortie pour organiser les soins et les aides nécessaires. Ce n’est pas une aide financière, mais un accompagnement.

 

Comment fonctionne l’ADH (Accompagnement à domicile après hospitalisation) ?

L’ADH, anciennement appelée ARDH, versée par les caisses de retraite, finance des services (ménage, repas, petits aménagements) pendant 3 mois maximum. C’est une aide temporaire, sous conditions de ressources du demandeur [plafond à confirmer sur les barèmes 2026 en vigueur].

 

Peut-on cumuler l’ADH avec l’APA ?

Non. L’ADH est réservée aux retraités qui ne perçoivent pas déjà l’APA, la PCH, l’ACTP ou la majoration pour tierce personne (MTP). Une personne déjà bénéficiaire de l’APA doit se tourner vers les dispositifs propres à l’APA (dont l’APA en urgence si la situation le justifie).

 

Comment demander l’APA en urgence après une hospitalisation ?

La demande se fait auprès des services du département, qui verse alors une avance provisoire de 1 040,17 € (2026), pour une durée maximale de deux mois, dans l’attente du plan d’aide. Elle est ensuite régularisée une fois le dossier complet instruit, et un remboursement peut être demandé si l’APA est finalement refusée.

 

Quels équipements médicaux peuvent être pris en charge par l’Assurance Maladie après une hospitalisation ?

Le matériel prescrit par le médecin (lit médicalisé, déambulateur, fauteuil de transfert) peut être pris en charge par l’Assurance Maladie lorsqu’il figure sur la liste des produits et prestations remboursables (LPP) et que les conditions de prise en charge sont remplies, la complémentaire santé pouvant compléter tout ou partie du reste à charge.

 

Faut-il adapter la salle de bain avant le retour d’un senior à domicile ?

Il est utile de vérifier la sécurité de la salle de bain avant le retour à domicile, en particulier lorsque l’hospitalisation fait suite à une chute ou lorsque la mobilité a diminué. Selon les besoins, des barres d’appui, un siège de douche, un revêtement antidérapant ou un rehausseur de WC peuvent faciliter et sécuriser les gestes du quotidien.

 

Combien de temps dure l’accompagnement après une sortie d’hospitalisation ?

Cela dépend du dispositif : l’ADH est limitée à 3 mois, tandis que les services autonomie à domicile (SAD/SSIAD) ou l’aide à domicile financée par l’APA peuvent se poursuivre durablement, en fonction de l’évolution des besoins du senior.